sérial tricot
serial tricot (à prononcer avec l'anglais accent) est le nom donné à une dead woman du soir qui tricote devant sa télé et s'endort, avec les aiguilles quasiment dans le pif!
un mois et 4 pelotes de bambou plus tard, un petit paquet de fatal errors et voici un gilet façon je tiens captif dans son lit un indien quechua immigré dans le corps d'une petite fille de deux ans...

bon l'indienne en question a l'air d'avoir plus d'un tour dans son sac. ugh!

petite précision, je change ma fille de pyjama régulièrement mais j'aime particulièrement celui-ci d'où son retour photo...
c'est quoi la vie bourgeoise
à ma chère Zélie qui m'a demandé de définir la vie bourgeoise!
(je fais en passant une page de publicité, son blog est une étincelle de Liban, joyeuse et profonde à la fois!)
j'ai longtemps pensé, crise d'adolescente gratinée oblige, que la vie bourgeoise était ennuyeuse d'habitudes et de prétentions. Je ne suis pas une grande douée du quotidien, un peu trop bohème pour que les jours se suivent et se ressemblent trop, un peu trop rêveuse pour ne pas résister à la tentation de s'échapper de ma cuisine par l'esprit, à la suite du cancre de Prévert!
Dans le fond j'ai cette appréhension d'une vie trop rigide, j'ai probablement confondu vie bourgeoise et mentalité de bourgeois, j'ai certainement horreur des gens aux idées figées!
La vie bourgeoise est source de nombreux clichés et c'est en ce sens que j'ai utilisé cette expression dans mon dernier billet, la couture, le tricot, la maison bien tenue, les enfants proprets, éventuellement le petit doigt sur la couture (maison donc un poil en zigzag?).
Mais beaucoup de filles autour de moi en ont fait une finalité, aux dépens souvent du temps perdu en amitié. Encore une fois je suis exaspérée par ces sorties d'école où chacune se plaint de sa pile de repassage, comme si se plaindre donnait de la vertu. Et je trouve cela si triste...
Il y a quelques temps une de mes amies m'a écrit de ses nouvelles en finissant par cette phrase légère: "bref, nous menons une vie bourgeoise, c'est-à-dire, paisible et rangée".
Et oui au fond de moi, j'aime cette vie tranquille, elle ne nie pas les soucis et les joies mais elle les ordonne à un but plus grand et plus modeste à la fois, une vie qui se remplit de tendresse et de calme.
Longue vie à la vie bourgeoise!

les hirondelles se sont trompées de printemps
j'ai remis un poil de chauffage hier et je vais finir de rentabiliser mes UGG!
vraiment en Auvergne ça gèle et cette photo prise cet hiver semble être brulante d'actualité...

la province ne se lache pas
le burberrys a de longs jours devant lui - en province, du moins.
une dignité quadrillée et à toute épreuve, une touche de tricot pour se la jouer remix bonpoint dans sa version cheap et voilà la PRD (la petite robe digne).

et comme on a voulu se la jouer kennedy, j'ai tricoté un petit gilet tiré des Intemporels tricot aussi, MAIS EN AIGUILLES 3 AU LIEU DE 3 et demi. le résultat est très très très ajusté, so chic ou so court? je promet à l'avenir de lire les explications au lieu de les trouver jolies.

petite précision pour les lingères: la laine de bambou c'est souple, c'est joli, c'est high quality mais c'est la galère à laver. La galère au sens propre d'ailleurs.
tricot, couture, c'est la vie bourgeoise par ici...
ceci est un ode au peignoir
à l'intention de DSK:
depuis vos aventures de l'été dernier, je suis désolée de voir que le peignoir a perdu en dignité.
d'accord on peut s'offusquer sans fin sur le côté pas bien de l'histoire, prendre un air de vierge effarouchée qui raconte avec un plaisir à peine contenu les détails croustillants, il demeure à chacun le talent de s'imaginer et visualiser la scène.
et dans ma tête je vous imagine adipeux envellopé dans ce tissu respectable, tombant l'affaire pour se précipiter sur la soi-disante domestique effarouchée et j'en suis arrivée à cette conclusion épouvantable: le peignoir après cette affaire ne sera plus ce qu'il était.
Lui qui était si doux et tendre, témoin discret de nos meilleures glandes, éventuellement plus si affinités, devient à son corps défendant, une des scènes de crime les plus révoltantes pour la condition féminine.
Comment avez-vous pu?
Je ne voulais pas transmettre cette image désastreuse à mes enfants, j'ai donc cousu à ma fille un joli peignoir frais. un petit tout léger, tout blanc et rose avec un petit bouton pudique sur le ventre, pour garder les jeunes filles respectables, un peignoir qui célèbre la sortie de bain comme une célébration du propre, du bourgeois, de la vie rangée.
Morale de l'histoire: si vous ne séjourniez pas aussi longtemps dans les grandes capitales, la vie très paisible de la province aurait préservé votre peignoir tout du moins.

attention danger
oeil espiègle cherche idée de sottise. Ecrire à la maman qui sera prévenue.

pour la CB: pyjama Monoprix blanc à pois rouges en 18 mois
des mamans bis
voici la réponse par mail d'une amie qui vit au Liban, une expérience différente qui en dit long sur notre vivre ensemble à l'occidentale, moderne mais très seul...
J'ai vu quelques minutes de l'émission avant de ronfler !
Je suis très partagée à force de vivre dans un autre environnement. J'ai eu une maman working girl, trois enfants, maison impeccable, tout assumer : conclusion, une belle dépression à 35 ans.
Je ne veux pas choquer mais je pense de plus en plus qu'à force de croire que le confort matériel et la politique sociale de l'Etat allaient régler tous nos problèmes, on en a oublié l'essentiel : RIEN DE PLUS IMPORTANT QUE LE LIEN SOCIAL !
On a oublié que les générations ont des choses à partager, qu'on peut s'entraider et que cela peut éviter des catastrophes.
Je vis une grossesse que je n'aurais jamais imaginée, pas un jour ou Belle-Maman ne passe pour faire un brin de vaisselle ou va à la pharmacie pour moi. Cela n'a rien d'idéal mais jamais je ne me sens seule, y'a toujours quelqu'un pour prendre des nouvelles.
Des fois je m'en énerve de cette sollicitude et peut être serais-je aussi crevée, déprimée dans qq mois mais je vois une profonde différence dans les relations aux autres. Je manque de confort matériel mais je me sens bien plus tranquille dans mon quotidien.
P.S. Cela ne veut pas dire que je pense que "c'était bien avant"...
des mamans
après-midi télé.
j'ai visionné le reportage de Zone Interdite, sur les mamans au bord de la crise de nerfs.
d'accord des cas extrêmes.
une maman en dépression post-partum, après son premier, et depuis deux ans, une maman anorexique avec droit de visite réduit, une maman en prison et un fils handicapé par son geste violent, ce cas hallucinant de maman américaine impeccable et assassine malgré elle.
des situations affreuses et impressionnantes, dont les débuts parleront à toutes les mamans:
le manque d'instinct maternel, l'épuisement, l'envie de sauver sa peau plutot que celle de ses propres petits, le besoin de se ressourcer et surtout cette immense culpabilité.
C'est probablement ce qui m'a le plus touchée, se sentir coupable de pas faire du pain maison, des menus équilibrés, de ne pas toujours surveiller les devoirs du soir, le brossage des dents, le linge changé chaque jour, l'écoute, l'attention, des premiers pas du matin aux derniers calins du soir.
La culpabilité de ne pas sourire à son devoir de mère, même les dents serrées, de ne même pas rire jaune devant la pile de repassage, les courses, les conduites innombrables, les kilomètres parcourus en compagnie singulière de France Info.
Des gouttes d'eau dans cette course contre ce sentiment sinueux et insinuant, des moments à soi, cinq secondes pour s'épiler, se maquiller, se laver, se faire belle, cinq secondes pendant lesquelles à travers la porte pleure un petit, hurlent les frères et soeurs, la bagarre traditionnelle du playmo.
Je me suis dit aujourd'hui, et juste aujourd'hui, que cela devait s'arrêter quelques heures, pour voir que cela faisait de déculpabiliser.
Je suis une bonne mère mais je ne suis pas toute puissante. à recopier 18 fois et par enfant.
la fille du printemps
bulle au soleil encore timide.
de jolis rosiers blancs.
un trench au moins sur le porte-manteau.
les bobs de pluie avec le blouson de cuir.
oui ringard mais it en province.
on se sent un peu chien fou.
comme des petites bulles partout du coeur aux pieds en passant par la tête, comme une envie de renaitre, de se dégourdir, de suivre avec son museau le soleil.
un peu fofolle.
un peu sautillante.
un peu déjantée.
un peu ivre.
un peu gaie.
un peu impatiente.
une fille au printemps.
silence on souffle
voir 36 chandelles et souffler!
faire chauffer la CB et jouer sur la supposée culpabilité de chouchou? un fondant au chocolat en béton armé? un nouveau robot, toute à la joie de rester dans leur cuisine?
NON.
en province, comme toute chose cela se fête paisiblement. il faut donc un canapé. une pile de souvenirs.
le principe: ne se rappeler que des bons. les délicieuses tartelettes aux fraises en prépa, le retour de la maternité avec des jumeaux, une chambre d'étudiante et des bonnes soirées, des après-midis de magazines de déco, un savoureux restaurant italien où les serveurs sont de vrais Napolitains, les révisions avant les concours, les résultats du bac avec ses élèves, le bébé tout neuf dans ses bras, une coupe de champagne dans un endroit chic et branché, sa première petite blouse home made, l'arrivée d'un petit colis qui sent le vêtement neuf, l'entrée au conservatoire de l'un, la promesse de louvette de l'autre, etc.
c'est sur c'est très bourgeois. mais rangé et paisible. mais toute la vie consiste en ces petites choses, alors: ENCORE.
alors happy soufflerie...
